Des inégalités liées au genre existent dans le monde du travail suisse en ce qui concerne le travail rémunéré, les tâches familiales et domestiques ainsi que le travail bénévole. Dans ce projet, le groupe de recherche compare la situation dans différents cantons et appréhende les facteurs politiques, institutionnels et socioculturels déterminants.
Contexte
Les femmes sont aujourd’hui encore désavantagées dans le monde du travail. Elles présentent des taux d’activité plus faibles que les hommes et sont en général plus mal payées qu’eux. Elles sont surreprésentées dans les emplois précaires et parmi les chômeurs non enregistrés, alors qu’elles sont sous-représentées parmi les cadres des grandes entreprises. On constate des mécanismes similaires dans d’autres domaines : le travail domestique et familial non rémunéré, les tâches de soins (« care ») et l’aide entre parents et entre voisins. Dans le travail bénévole, les femmes effectuent surtout le travail de base alors que les hommes assument majoritairement le travail de conduite, porteur de prestige.
But
Les différences entre cantons en ce qui concerne les inégalités visibles dans le monde du travail ont été peu étudiées jusqu’à présent, tout comme les facteurs politiques, institutionnels et socioculturels responsables de ces inégalités. Il n’existe en outre guère d’analyses comparatives qui prennent en compte de manière équivalente le travail rémunéré, le travail familial et domestique non rémunéré et le travail bénévole. Le présent projet vise à combler cette lacune.
Le groupe de recherche regroupe tout d’abord les cantons sur la base d’une analyse des différences intercantonales. Dans une seconde étape, il examine l’influence de caractéristiques individuelles et contextuelles sur les inégalités de genre. Il étudie au moyen d’une analyse comparative qualitative (QCA) quels facteurs historiques et institutionnels peuvent expliquer les différences cantonales en matière d‘inégalités de genre dans le monde du travail.
Portée
Le projet offre une chance d’identifier les facteurs qui favorisent les modèles de répartition du travail égale entre les sexes (best case). Les résultats servent à développer des mesures politiques d’égalité entre hommes et femmes dans le monde du travail.
Titre original : Geschlechtsspezifische Ungleichheiten in der schweizerischen Arbeitswelt : Politische und institutionelle Einflussfaktoren
Octroi: CHF 256‘980.-
Durée: 30 mois
Responsables du projet
- Prof. Michael Nollert, Departement Sozialwissenschaften, Université de Fribourg
- Dr Ruedi Epple, Departement Sozialwissenschaften, Université de Fribourg
- Dr Sebastian Schief, Departement Sozialwissenschaften, Université de Fribourg